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L'Ego du J'Go du 27 juin 2019

Crée le 27/06/2019



Tristes Topiques
Comme je plains les habitants de ces pays pourtant bénis des dieux, qui jouissent entre Capricorne et Cancer, d’un éternel été. Comme je comprends leur désarroi face à ce climat sans imagination, qui balance au mieux entre chaud et tiède, au pire entre humide et mouillé. Je me figure leur ennui, car ils ignorent l’été de chez nous, cette saison extravagante qui repose les rugbymen, exténue les cyclistes, vide les villes, remplit les ports, enhardit les galants, exalte les toreros, tend des hamacs entre les arbres, gorge les fruits de jus, les vins de soleil et les tomates de gel, met des bandas dans les rues, des drapeaux aux balcons, et fait voler des guêpes au-dessus des tartes à l’abricot. Par ici, l’hiver durant, on coche l’été sur le calendrier des postes, la semaine des premières cerises, les week-end de grande feria, les soirs de bal et les nuits de feu d’artifice. On rêve, emmitouflés dans nos couettes, à des soirées brûlantes à la terrasse du J’Go, et l’on se promet d’y engloutir, le front luisant, des kilos entiers de fraises à la violette. L’été de chez nous est résolument cette saison éclatante, généreuse et éphémère, qui, à force de mourir et de renaître, permet à qui sait l’attendre, de se sentir vivant.