Des terroirs, des hommes, une histoire partagée
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L’EGO du J’GO :

L’Ego du J’Go du 30 avril au 7 mai 2013

Crée le 08/07/2013

Nous célébrons ces jours-ci les 70 ans de la sortie du Petit Prince, texte à portée universelle et au succès mondial écrit par Antoine de Saint-Exupéry. Pour fêter l’événement, le J’Go accommode l’œuvre à sa sauce, dans un pastiche tout ce qu’il y a de plus gascon.

Le J’Go à la manière d’Antoine de Saint-Exupéry (où Le retour du Petit Prince)

Quelques années plus tard, j’ai appris à conduire les camions. J’ai parcouru les routes du pays, chargeant d’un côté et déchargeant de l’autre des marchandises précieuses possédées par des gens sérieux. J’ai roulé des années, sans véritable compagnie, jusqu’à une panne au beau milieu de la campagne gersoise. Quelque chose s’était cassé dans mon moteur, et comme je n’avais pas réglé ma cotisation au patron de l’assurance, une grande personne triste qui passait ses nuits à résoudre des équations, je m’étais mis en tête de réparer moi-même.
Comme la nuit tombait, je me suis garé sur le bas-côté, et je me suis endormi dans la cabine, la tête posée sur le volant. J’étais à mille milles de toute terre habitée et à 17 kilomètres de Condom. Aussi, vous imaginez ma surprise quand, au petit matin, une voix d’enfant me réveilla. Elle disait :
« S’il vous plaît, cuisine-moi un mouton. ».
- « Quoi ? »
- « Cuisine-moi un mouton ! »
Alors, émergeant d’un champs de colza, à mille milles de toute terre habitée et à 17 kilomètres de Condom, je vis apparaître un enfant pâle et débonnaire, qui souriait en grignotant une tartine de pâté.
?Aussi étonnant que cela puisse paraître au petit matin, à 17 kilomètres de Condom, sur le bas-côté d’une route départementale, au milieu des champs de colza, j’ai sorti de la boîte à gants un réchaud à gaz et une gamelle, et j’ai fait mine de cuisiner un mouton.
?« Il n’a pas l’air bien grand ton mouton. S’il tient dans une si petite gamelle, c’est qu’il n’est même pas un agneau. Et moi, je voudrais un mouton. »

Alors je lançai : « Tu sais, il y a bien longtemps que les grandes personnes ne cuisinent plus les bêtes entières. Elles achètent des morceaux découpés, congelés et empaquetés… ». Le garçon a eu un air mystérieux et il s’est mis à pleurer en disant : « S’il te plaît, cuisine-moi un mouton ! »
Je fis semblant de découper un gigot, de l’assaisonner et de le jeter dans la gamelle, sur le feu. L’enfant me regarda attentivement, puis :

«  Non ! Celui-là est beaucoup trop banal. Fais-en un autre exceptionnel, qui soit très savoureux, un agneau du Quercy ou bien un Doublon de Barèges-Gavarnie. » Alors, par agacement et pour clore notre conversation, je pris une feuille de papier, j’esquissai une marmite en fonte recouverte d’un couvercle, et je lançais :

« Ça, c’est une marmite. Le mouton savoureux que tu veux est tout entier dedans, avec des haricots tarbais. »

Je fus bien étonné de voir s’illuminer le visage de mon jeune convive:?
«  C’est tout à fait comme ça que je le voulais. Crois-tu qu’il faille l’accompagner d’un grand cru bordelais ? »
- Pourquoi ?
- Parce que je n’ai pas cela chez moi.
- Tu sais, on trouve en Gascogne des vins qui accompagneront ton mouton aussi bien que les vins les plus précieux de la planète.
Il se pencha vers le dessin et murmura : « Je n’ai jamais rien respiré d’aussi doux.